dimanche 17 juillet 2016

Consensus ? Mon cul ! ...


Je n’ai absolument rien de consensuel. Pire, j ‘aime le débat, le conflit, les clivages, les opinions tranchées, les engueulades et les ruptures. Pire encore, je n’aime pas mes contemporains. En tous cas pas tous, loin s’en faut. Et, pire du pire, je suis intolérant sur des sujets choisis. Le nazisme et ses symboles, la religion et ses signes, la tyrannie, la médiocrité, et, justement, le consensus. N’allez pas croire pour autant que je suis capable de vous faire du mal, vous tuer ou vous torturer. Pour moi, il y a un monde entre dire ce que je pense et agir selon ce que je pense. Vous pouvez bien faire ce que vous voulez de votre corps et de votre esprit. Je m’en contrefous. Par contre, je ne me prive pas de vous dire que c’est une sottise, une crétinerie ou une connerie. Que vous êtes cons, quoi, tout simplement. Et n’allez surtout pas croire que je manque de ce que vous appelez, sans en rien savoir, l’empathie. J’ai une opinion très personnelle et très documentée de ce qu’est, en réalité, l’empathie. Je suis doté d’une catastrophique empathie. De celles qui permettent de terminer à peu près toutes les phrases à la place de mes interlocuteurs. Et, sur l’empathie, j’ai déjà fait part de mes idées ici : http://pascalpratzphilo.blogspot.fr/2011/06/empathie.html. Vous comprendrez, dans ces conditions, que les temps présents, faits de meurtres et de douleur, à quoi certains répondent par des dégoulinades de guimauve poisseuses et glauques selon lesquelles nous nous aimerions tous, penserions tous la même chose et serions en communion, sont, pour moi, d’une part, une vaste rigolade et, d’autre part, une superbe démonstration de connerie mièvre et de stupidité généralisées.  Dans le même registre, je ne considère pas l’expression « mémoire collective » comme une chose crédible. L’un des mots les plus utilisés en ces temps de dupes est un mot religieux, œcuménique, qui, de fait, me fout dans une rage folle, parce qu’il accrédite le recours à la religion et le réflexe du « tous à la messe » qu’on voit partout se généraliser. Un démocrate républicain digne de ce nom ne devrait jamais mettre les pieds dans une église, un temple, une synagogue ou une mosquée avec l’idée d’y représenter l’état. Dans le même genre, je ne supporte pas de voir, après les attentats, s’ériger des autels de plein air avec bougies, fleurs, pensées affligeantes de simplisme déposées sur des papiers, sortes de paganisme puéril sans réel dieu autre que le bon sentiment. Lorsque je vois ces rites grotesques, je constate une évidence : le crime a encore de beaux jours devant lui. Je n’aime aucun consensus.

mercredi 6 juillet 2016

Rocard


Rocard. Belle unanimité bêlante … Micheeeeeel ! … Moi, l’unanimité, je lui trouve toujours un air suspect … Présentement, je trouve même qu’elle vire à la propagande. Pour les dirigeants actuels, évidemment, chacun s’empressant de rappeler sa filiation avec le grand homme, mais également pour la « loi travail » qui, comme vous savez, est une loi typiquement rocardienne, particulièrement son article 2, nous disent-ils, allant jusqu’à affirmer que les accords d’entreprise seraient une sorte d’autogestion. Oubliant au passage qu’autogestion signifie absence de patron. Ce qui en fait une comparaison paradoxale. Aucun employé n’est libre de ses choix lorsque son entreprise est dirigée par un patron. Ce rapport inégalitaire impose la soumission. Parler d’autogestion est parfaitement ridicule dans ce contexte. Mais la mort du héros tombe à pic. Et peu importe si l’on se permet de faire parler un mort, au passage. Il est très étrange de réécouter les déclarations de Rocard à l’assemblée, lorsqu’il était premier ministre et que sa loi sur la CSG était refusée par une partie de la gauche. Trois mots : conservatisme, immobilisme, passéisme. Les mêmes, exactement, que Valls aujourd’hui. Pas de hasard. Notre petit torero se dit héritier du grand homme. Et je pense que c’est totalement vrai. Pour moi, Rocard est et restera l’homme de Charléty. Le 27 mai 1968, en plein mouvement plus ou moins révolutionnaire, Rocard organise un rassemblement anti-marxiste. Car, cet homme se définit exclusivement par deux qualificatifs : chrétien et anti-marxiste, au sens large, anti tout ce qui est de près ou de loin relié au communisme. Inutile, je pense, de revenir sur la guerre qui oppose, depuis le 19° siècle marxisme et religion, les deux pensées étant considérées comme deux dogmes incompatibles. Chrétien et anti-marxiste sont deux mots qui qualifient aussi parfaitement Mr Valls. d’où les charges incessantes et quasi diffamatoires sur la CGT et la tentative de marginalisation de tout ce qui se trouve sur la gauche du PS. Ainsi, l’œuvre de Mitterrand, qui était d’effacer le parti communiste du paysage en signant une alliance, contre l’avis de Rocard qui ne voulait pas en entendre parler, est aujourd’hui reprise par Valls qui tente le coup de grâce. Je ne lui souhaite pas de réussir. La mort de Rocard tombe au bon moment dans ce plan d’ensemble. Pour ce qui me concerne, j’aurais préféré que ses idées meurent avec lui.

vendredi 10 juin 2016

La trahison des clercs ... Benda



A la parution de ce livre, en 1927 puis, dans une version augmentée, en 1946, Benda se proposait de dénoncer l’absolu manque de probité ( au sens nietzschéen) des intellectuels qu’il accusait de trahir en choisissant le dogme contre la réalité. Si la cible principale semble avoir été la dénonciation des intellectuels « engagés » pour la plupart communistes, sa portée était bien supérieure à cette réduction, elle-même trahison puisque favorisant le dogme (de droite) contre le réel. Aujourd’hui, particulièrement ce jour, je pense à « la trahison des clercs » … Et pourquoi donc, me direz-vous ?...
A cause du foot, évidemment. Car, pour nous vendre cette nouvelle forme des jeux du cirque, l’empereur a recruté. Les marchands du temple, évidemment, mais également quelques jolies têtes accrochées maintenant à son tableau de chasse. Des écrivains, des animateurs d’émissions culturelles, parfois fort célèbres, des comédiens, des philosophes, des metteurs en scène, des chorégraphes et, sans surprise, des politiciens (dont on sait qu’ils sont toujours prêts à se vendre au plus offrant) qui, tous, nous vantent à longueur d’antenne, de chaînes et de lignes dans la presse, la valeur universelle du football... J’en ai le cul troué. Car il n’y a aucun doute : c’est la forme actuelle de « la trahison des clercs ». L’ « opium du peuple », aujourd’hui, c’est le foot. J’ai déjà écrit quelque part que notre société dite moderne était parvenue à passe de l’antique « Du pain et des jeux » au terrible « Des jeux et des jeux ». On y est. Mon problème, quasi existentiel, est simple : où est le refuge ? Où est cet endroit du monde où l’on n’en parle pas ? Sous les bombes, dans la jungle ? Vous rigolez .. Même l’état islamique a un avis sur le foot. Je craque, ce matin, parce que le refuge que j’avais cru trouver, France Culture, se vautre avec délice dans la trahison sous couvert de nous parler de foot sous un angle intellectuel. Me reste une seule question : quelle gueule aurait aujourd’hui ce monde, à supposer qu’il en aurait une, si les hommes préhistoriques, dont je ne doute pas qu’ils devaient jouer à une forme primitive du foot, n’avaient pensé qu’au foot ? Nous voici, d’un coup, au milieu de l’univers en fusion de ses débuts avec une question : c‘est quoi le match de ce soir ? Le fait que « tout le monde » aime le foot devient dérisoire. Et alors ? Tout le monde aime le soleil. On va dessus pour autant ? Tout le monde aime chier. Le monde est-il couvert de merde ? Je crains d’avoir encore mis le doigt dessus. C’est bien de trahison des clercs qu’il s’agit. Aucun doute. Ce que n’a pas vu le « peuple », c’est que le changement de paradigme (un gros mot, hein ? …) ne change rien au fond du problème. Le pouvoir se protège par tous les chemins que lui offre la passion des « esclaves ». Ce monde est régi par une seule phrase, qu’on attribue à Louis XV (mais qui s’apparente au « je m’en lave les mains » de Ponce-Pilate) : « après moi, le déluge ». On y va tout droit. Dans la joie des matches de foot qui arrivent à partir de ce soir. Ce qui me rappelle, du coup, un certain Folamour. La seule attitude possible en face de ce déferlement de « foot », le seul, c’est « aux chiottes le foot », serait-on contre tout le monde. On appellerait ça « l’honneur des intellectuels » … Une formule que BHL et ses amis se sont évertués, depuis des décennies, à discréditer. Ce qui mérite bien quelques entartements. Et s’il n’en reste qu’un ….

jeudi 9 juin 2016

Les soixante-huitards, il vous emmerdent ! ...


Ce matin, sur France Inter, entre dix et onze heures, c’était la fête … Le sujet de l’émission : les pesticides. Invités, un écolo pro-abeilles et un représentant de le FNSEA. La fête ! … Je passe sur les rendements à l’hectare, sur la rentabilité, sur la mort des « pov’ paysans », tout ça … Un truc, quand même : je connais un tas de « paysans ».. C’est marrant mais ceux que je fréquente, autour de chez moi et ailleurs, s’ils n’ont pas la vie facile, la terre est, a été, sera et restera un dur métier mais … Ils s’en sortent. Bon an, mal an. Ceux qui crèvent, ce sont ceux qui ont « investi », avec l’aide du Crédit Agricole, première banque mondiale, pour des exploitations gigantesques, du matériel dernier cri et de la production industrielle. La même problématique exactement que les traders … Je mise deux Euros. Si j’en retire moins de dix, je décrète que c’est pas rentable. Le problèmes, à ne surtout pas perdre de vue, c’est qu’il est question de ce qu’on mange. Donc, à ma droite, la FNSEA qui, pour vous « nourrir » est prête à tout, engrais, rendement, antibiotiques, assèchement des nappes et des rivières, herbicides, anti-fongiques, OGM et, donc, pesticides. En gros, ils bossent pour Monsanto. Mais c’est pour vous, hein ! … Pour mettre dans votre assiette des céréales pourries, de la viande pourrie, des légumes pourris, des fruits pourris, pourris quand ils ne sont pas mortels, mais de les mettre dans votre assiette. Faut nourrir le peuple. Le peuple qui paye les subventions, qui paye la pollution, la dépollution, les frais de santé induits, qui paye tout , cependant que ces messieurs de « l’industrie » agricole ramassent la mise. Et se plaignent. C’est pas assez rentable. Faut faire pire encore pour se mettre au niveau des pires, pour des histoires de « compétitivité ». Et là, l’animateur, il pose une question : et les abeilles ? Et c’est là qu’on touche au sublime. Le monsieur de la Fnsea rétorque, sans trembler, que c’est pas prouvé que les produits répandus sur les champs soient responsables de la mort des abeilles. Les néonicotinoïdes, c’est pas prouvé, le Roundup et autres herbicides, c’est pas prouvé, les pesticides en général, c’est pas prouvé et même le gaucho, c’est pas prouvé . Alors c’est quoi, le problème des abeilles, je demande au monsieur, comme si je passais à la radio. J’ai la réponse. Si vous voulez mon avis, c’est juste que les apiculteurs sont des « soixante-huitards », qui ont une vision périmée du monde actuel et « moderne ». Si ça se trouve, même, ces gens-là fument du tabac, ou pire, et c’est la fumée qui tue les abeilles, quand c’est pas les vapeurs de tout l’alcool qu’ils boivent. Ils accusent la chimie mais, la cause, c’est eux. Des soixante-huitards. Pourquoi il nous parle encore des soixantes-huitards, vous vous dites. Parce qu’il a entendu le discours de Sarko, il répond. C’est Sarko qui s’y est collé mais je pense que Valls pense exactement la même chose. Et que Hollande n’en est pas loin. Sarko comme représentant de la « caste » dirigeante, ça vous cause ? Le lien entre Sarko et les abeilles et ben … il est très simple. C’est Jacob. Chirstian Jacob. Président du groupe « LR » à l’assemblée. Ce type est tout simplement l’ex ( ???? ) président de la FNSEA de la Seine et Marne. Fnsea, donc, et, en plus, Seine et Marne. Je ne sais pas si vous êtes déjà allé promener votre carcasse en Seine et Marne mais, dans l’affirmative, vous avez tout de suite compris de quoi il est question. La Seine et Marne, c’est champs à perte de vue. Colsa, Maïs, Blé, Orge, tout … Le tout irrigué, évidemment, arrosé, pesticidé, engraissé, vaporisé par avion, par hélico, de l’industrie, subventionnée à fond par Bruxelles, l’Europe, quoi, vous savez, ce truc qui, soi-disant, veut leur mort. Et les « paysans » ? Qué paysans ? Des industriels. Du fric, de la berline allemande, de la résidence avec piscine et .. de l’extrême droite. Ma grand-mère (1902-1982) qui était à la fois d’origine alsacienne et communiste (on doit pouvoir les compter sur les doigts d’une main) parlait de « casques à pointe » quand on évoquait tout ce qui vit entre Melun et Strasbourg. Des nostalgiques du bon vieux temps des Wisigoths puis de Prussiens, puis des Allemands et, enfin, des nazis. Elle savait de quoi elle parlait. Des exemples ? Coppé à Meaux, Peyrefitte (qui fur chassé par mai 68) à Provins et, bouquet, l’Alsace, qui fut la seule région restée à droite aux élections régionales qui virent toutes les autres à gauche et où le concordat autorise encore la présence d’un crucifix dans les écoles publiques. Une autre preuve ? Je connais une jeune femme qui vit en Seine et Marne et qui vient d’avoir un bébé. Elle désire l’élever cool, au sein, à la demande et en le maternant jusque dans son lit, histoire de dormir un peu la nuit et, surtout, de nous faire un adulte calme et serein. Vous savez ce que lui disent les médecins ? Eh ben c’est simple : vous avez des parents soixante-huitards, vous, non ? C’est dépassé toutes ces conneries.

Ouais, les enfants cool, le lait maternel, les abeilles, la bouffe saine, le code du travail, l’écologie, tout ça, c’est dépassé. C’est soixante-huitard. On n’en a rien à foutre. C’est rigolo de regarder sans rien pouvoir faire des crétins qui scient la branche sur laquelle ils sont assis. Vous savez ce que vous allez devenir, bande de couillons, sans les abeilles et sans plus rien dans vos champs ? Rira bien qui rira le dernier. En attendant, tas de sales cons, les soixante-huitards, ils vous emmerdent.

lundi 6 juin 2016

C'est reparti comme en 36 ...

Nos chers socialistes fêtent, ou vont fêter, avec moult agitation, les quatre vingts ans du Front Populaire et, avant tout, mettent en valeur leur camarde Blum. Un « socialiste » exemplaire, disent-ils, et dont ils se réclament la main sur le cœur, tentant de nous vendre le fait qu’il serait le héros qui nous aurait amené les congés payés, les quarante heures et les salaires décents. Ils ont oublié un détail ou deux. En premier lieu, j’ai envie de parler de son attitude face aux fascistes espagnols. En refusant une intervention directe face à Franco en Espagne, il se pourrait que Blum ait pris une décision lourde pour l’avenir de l’Europe entière. Nombreux sont ceux, en effet, qui pensent que cette intervention, à la suite du soulèvement des brigades internationales, aurait pu empêcher l’avènement d’Hitler ou, du moins, la retarder et, surtout, interdire ses interventions en Espagne, à Guernica, par exemple. En second lieu, je voudrais reparler des accords de Matignon de juillet 1936. Car il faut savoir que, dès le gouvernement du Front Populaire élu, en mai 36, les ouvriers de France se sont tous mis en grève, provoquant la fermeture des usines et la paralysie du pays. Ce n’est donc que sous la pression du peuple que Blum s’est assis à la table des négociations avec la CGT et a accepté toutes les mesures qu’on lui a attribuées à tort. Il se trouve donc que, en 36 déjà, ce sont des gens « de gauche » qui ont imposé à un gouvernement « de gauche » tous les avantages sociaux qui sont aujourd’hui remis en cause par un gouvernement qui se dit « de gauche » avec sa « loi travail ». En ce sens, les protestations actuelles de Mme El Khomeri et de Mr Valls sont quasiment risibles. Si vous les lisez, vous aurez compris qu’ils sont outrés du fait que des gens « de gauche » puissent les contester, faire grève et, même, appeler à voter contre eux une motion de censure. Ce sont les mêmes qui vont vous vanter les conquêtes sociales de 1936. Vous avouerez qu’il y a comme un paradoxe. Le texte ci-dessous, qui provient des archives de l’INA, résume le déroulement des faits. Nos chers ministres devraient un peu réviser leur histoire. Si, si, un peuple « de gauche » peut contester un gouvernement « de gauche ». En 1936, il a ainsi obtenu tous les avantages sociaux qu’aujourd’hui Hollande, Valls et Macron tentent de détricoter. Il est donc normal que les personnes les plus concernées protestent par tous les moyens.

« Ce mouvement de grève exerce une pression importante sur le nouveau gouvernement dirigé par Léon Blum, obligé d'adopter très rapidement un large volet de lois sociales afin de mettre un terme aux occupations d'usines et de permettre la remise en route économique du pays. Dès le 5 juin 1936, à l'Hôtel Matignon (siège de la Présidence du Conseil), Blum réunit ainsi les représentants du patronat (CGPF) et ceux du monde ouvrier (CGT). Jouant un rôle d'abitre entre les deux parties, le gouvernement permet l'adoption des "accords Matignon", signés le 7 juin 1936, prévoyant une augmentation générale des salaires, l'établissement de contrats collectifs de travail, l'institution de délégués du personnel dans les établissements employant plus de 10 salariés. Ces accords seront complétés par deux autres lois votées par le Parlement : la loi sur les congés payés et celle limitant la durée du travail à 40 heures par semaine. En contrepartie des accords Matignon, la CGT s' engage à faire cesser le mouvement de grève, ce qu'elle aura beaucoup de mal à mettre en oeuvre, malgré l'insistance de ses cadres et du dirigeant communiste Maurice Thorez ("il faut savoir finir une grève") : ce n'est que pendant la première quinzaine de juillet, soit plus d'un mois après les accords Matignon, que le mouvement de grève cesse définitivement ». ( Source INA)

vendredi 3 juin 2016

Olé ! ...


Le petit torero qui nous sert de premier ministre, qui, de ses origines même pas espagnoles n’a retenu que le pire, les « corones », les poils et le chiffon rouge, que, depuis longtemps, les humoristes nomment « Monsieur Olé ! », qui a choisi, comme premier déplacement après avoir été nommé premier ministre, de se rendre dans une manade pour y marquer des taureaux de combat au fer rouge, prélude à son attitude face aux salariés, ce monsieur, donc, voudrait nous faire croire qu’il est un héritier de la République espagnole de 1936. Mon cul ! … De l’Espagne, comme déjà dit, il n’a retenu que le pire. Et ce fringant hidalgo, à mon sens, est bien plus franquiste qu’autre chose. D’abord en raison de son anticommunisme viscéral. Ce monsieur, dont la famille a consacré son temps, durant la révolution espagnole de 1936, à sauver des prêtres, ce monsieur voit rouge dès qu’on lui parle « des rouges ». Et, compte tenu de ses racines plus rêvées que réelles, en bon toréador, voyant la charge du taureau rouge qui fonce toutes cornes dehors, il sort sa cape et son épée, aidé par le banderillero Macron, le picador Gattaz et le matador Hollande. Ce que je voudrais rappeler à toux ces tristes sires est très simple. Le peuple ne se réjouit jamais autant du spectacle de la corrida que lorsque le taureau gagne, qu’il embroche le torero, qu’il renverse le cheval du picador et qu’il s’envoie au passage quelques banderilleros. Son sort n’est pas bien meilleur que celui de ses congénères. Il finira assassiné sauvagement, souvent indignement et en boucherie. Au moment de fermer les yeux, je vous parie que cette bête se dira, comme Nicholson dans « vol au-dessus d’un nid de coucou » : au moins, j’ai essayé. Le sommet de la dignité, la mort « debout ». Mr Valls, moi, qui n’ai jamais eu une once de méchanceté, qualité qui m’a toujours empêché d’aimer la corrida, moi, je vais vous le dire : je souhaite que vous finissiez embroché. Parce que vous vous êtes attaqué au monstre « rouge » qui, au niveau dignité, aura toujours à vous en remontrer. Vous allez l’avoir dans le cul, Manuel. Après, les « prolétaires » l’auront encore une fois dans le baba, ils rentreront dans les usines, tête basse, la bourgeoisie catholique dont vous êtes un membre éminent les humiliera mais, au moins, Manuel, ils auront été dignes : au moins, on aura essayé. Vous qui avez toute votre vie « pété dans la soie », qu’aurez-vous tenté ? Rien d’autre que la réalisation de vos rêves de puissance. Un problème avec maman, Manuel ?... Ou bien de taille ? De taille de quoi, me direz-vous … Je dirais de taille tout court, c’est le cas de le dire, ou de taille de ce qui vous sert d’épée. Vous allez l’avoir dans le baba, Manuel. Tout simplement parce que l’intelligence n’est pas dans votre camp. Qui vivra verra …

jeudi 2 juin 2016

Communiste, libertaire et keynesien ...


Je vais créer un parti politique, tiens. Je peux pas appeler ça « on marche » ou « on court », j’aurais l’air con. Tout le monde sait que je déteste le sport et, même, « l’activité », comme disent nos Diafoirus modernes. Je peux pas appeler ça « Assis » non plus. Personne ne sait rester assis, comme disait Pascal ( le Grand Pascal, pas moi ..). Je vous parle pas de l’impact d’un « Couchés ». J’aurais tout de suite les réacs de « la famille pour tous » contre moi. Et ils sont nombreux, ces cons. D’ailleurs, en général ( De Gaulle), le con est par essence nombreux. En plus, quand on est couché, hein !.. Tout se suite, c’est cochon. Vous savez à quoi pense le « peuple » dès qu’il est couché. Des porcs ! … J’ai évidemment une tendance « porc » affirmée et une certaine sympathie pour le quadrupède omnivore. Mais ça se dit pas quand on veut mobiliser le peuple. Bon, je pourrais tenter « debout ». C’est déjà pris. Et puis, debout, c’est fatiguant, à la fin. Il faudrait peut-être reprendre à zéro. Un parti pour quoi faire ? Sur quelles idées ? Si je devais me définir, comme ça, d’emblée, je dirais que je suis un communiste libertaire et keynésien. Vous voyez bien qu’il y a de la place pour mon parti. Pourquoi Keynes ? Troublant, non ? Pourtant, ce type, totalement polymorphe, a un côté « gauchiste » absolument réjouissant. De toutes les idées qu’il a eues, celle qui me plait le plus reste celle de « la monnaie fondante ». Késako ? Simple. Si vous mettez de l’argent de côté … Là, faut que je m’arrête … Quand j’étais môme, les vieux disaient « mettre de l’argent à gauche pour l’avoir à droite ». La sagesse populaire, on appelle ça. On met de l’argent de côté pour « voir venir », surtout quand on est à gauche, pauvre, quoi, mais le fait de l’avoir vous rend immédiatement « de droite ». Parenthèse fermée. Donc, Keynes propose que tout argent « dormant » finisse par coûter s’il reste trop longtemps à l’abri. Adieu épargne, adieu spéculation, adieu l’enrichissement en dormant, adieu la bourse, adieu … Monnaie fondante, on dit. L’argent est fait pour circuler et, s’il ne circule pas, adieu ! … Cette mesure simple, au demeurant, n’a évidemment pas la faveur des capitalistes. Mais elle n’a aucune chance d’être quelque jour adoptée à cause et seulement à cause des « petits épargnants » qui craignent de perdre les cinq cents Euros qu’ils ont réussi à économiser. Je la mets quand même à mon programme. Après, je suis communiste. Pas un sovietiste, encore moins un stalinien. Je suis communiste au sens où je prône que tout doit être un bien commun. Les banques, les routes, l’énergie, l’eau, l’éducation, la nature, tout, quoi, excepté votre maison, votre jardin, votre voiture, vos biens privés en général … Sauf vos usines et vos petites entreprises. Là, normalement, le monde ancien est par terre. Mais j’ajoute encore un point : libertaire. Le point qui m’exonère de toute accusation de stalinisme. Libertaire, ça veut dire : je fais ce que je veux de mon corps. Je suis homo, hétéro, bien coiffé, propre, j’avorte, je porte enfant pour autrui, je vis à poil, je conchie la religion, je la respecte, je porte voile, je le refuse, je dépose mon argent à la banque ou non, j’ai internet ou non, je fais ce qui me passe par la tête, sur tous les sujets, mais seulement et uniquement si je le veux. Et personne ne me dit quoi faire. Là, je vous ai emmené sur Mars. Avec moi, c’est adieu, veaux, vaches, cochons, capital, pognon, propriété, usines, capital, banques, adieu le superflu qui nous pourrit la vie depuis de décennies. Les plus pessimistes d’entre vous pensent qu’avec un tel programme, je vais faire zéro pour cent aux élections. Moi, indécrottable optimiste, je pense que je pourrais faire un score négatif. Moins zéro virgule sept pour cents. Comment ? Parce que je pense que parmi les humains, certains sont capables de déposer dans l’urne un bulletin qui sera, hélas, compté comme nul et sur lequel ils auront pris le temps d’inscrire : tout sauf Pratz ! … Vous souriez ? Vous avez tort. Parce que vous ne savez pas tout de moi. J’ai été élu. Et, lors des élections municipales de 2008, fin de mon second mandat, je me suis retiré des affaires parce que mes amis Verts, vous savez, ceux qui ne pensent qu’à avoir des postes où ils pourront tripoter des femmes en toute impunité ou piquer dans la caisse, ceux-là, ont passé un message à la majorité de gauche municipale. Un simple message : tout sauf Pratz. Au vu de la politique qu’ils assument depuis, ils avaient raison et, avec le recul, je les remercie de m’avoir épargné ça.